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Published by Sébastien Hayez

Typorama
(Philippe Aleploig, 2013)

Written by Sébastien Hayez, 2 years ago, 0 Comments

Typorama Philippe Apeloig, design graphique

Edité par Les Arts Décoratifs
Publié sous la direction de Tino Grass
Essais d’Ellen Lupton et d’Alice Morgaine
Notices par Ann Holcomb, revues par Michel Wlassikoff pour la version en français.
Design: Tino Grass
Avec la participation de: Anna Brugger pour le studio Apeloig
Couverture: Philippe Apeloig

384 pages
830 illustrations
29,5 x 24 cm
Relié pleine toile
Français
ISBN : 978-2-916914-43-5

 

Si à la sortie des années 1980 et début 1990 Apeloig pouvait être défini comme un graphiste-auteur au style bien cerné, ce livre à la mérite de le remettre dans plusieurs contextes, historique comme personnel, lui donnant plus d’épaisseur et de profondeur. Alepoig a beau avoir effectué plusieurs stages auprès de Total Design et d’April Graiman, tout deux des pôles importants de l’émergence d’un graphisme renouvelé par l’outils informatique, son premier poste reste la création d’outils de communication pour le Musée d’Orsay. C’est donc sur la base d’un classicisme propre à Jean Widmer (et Bruno Monguzzi) qu’il fera ses premières armes avant de voler de ses propres ailes.

Pour autant, on le voit à travers la sélection de travaux datés de 1986 à 2013, Apeloig n’est pas qu’un homme de style, en édition surtout et dès que le besoin se fait sentir, son graphisme s’adapte à la commande et sait retrouver le calme, l’élégance et la tranquilité d’un classicisme parfaitement maitrisé. C’est cette capacité d’adaptation, sans la moindre trahison à sa patte personnel, qui est très bien mise en valeur au fils des pages.

Le catalogue se compose tel un triptyque :

  1. une partie introductive, principalement textuelle et partiellement accompagnée d’images illustrant ses influences,
  2. une partie portfolio reprenant les travaux exposés et dûment commenté,
  3. enfin une partie livrant sans commentaires les esquisses et recherches d’une partie du portfolio.

Si la première partie, classique et d’un intérêt suffisant, les commentaires de la seconde parties restent à mes yeux, d’une analyse trop superficielle et parfois (volontairement) grand public. Si à la moindre utilisation de deux typographies, serif et sans serif, on nous pointe une complémentarité entre le passé classique et le présent moderniste, cela dessert plus le travail d’Apeloig qu’il ne l’explique vraiment. Il est aussi dommage de montrer le travail de recherches sans une section d’entrevue avec le graphiste. On devine par les annotations manuscrites sur les épreuves qu’il travaille en studio avec des collaborateurs (ceux-ci et les stagiaires sont listés à la fin de l’ouvrage), mais comment se répartie les tâches de création et d’exécution, comment Apeloig gèrerai t-il son activité lors de son établissement à New-York de 1999 à 2003, quel est son lien avec l’œuvre d’Herb Lubalin lorsqu’il était conservateur du Herb Lubalin Study Center of Design and Typography ? Autant de réponses absentes qui définissent ce livre comme un catalogue et non une monographie.

Pour autant il reste une somme considérable qu’aucune autre parution à se jour ne peut concurrencé.

 

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